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Histoire – le spirobole

Le spirobole… Drôle de coïncidence ! Nom aux mêmes consonances, règles du jeu plus ou moins similaires, matériel presque identique…

Après avoir trouvé une malette contenant le matériel du spirobole et les règles du jeu, nous avons voulu chercher les débuts de cette activité physique qui ressemble tant au speed-ball.

La première mention du mot spirobole semble dater de la fin du dix-neuvième siècle, lorsque le journal La justice du dimanche 16 février 1896, dans la rubrique innovation, parle « [d’]une bonne nouvelle pour les dilettantes du serpentin : l’odieuse courbature qui domptait les biceps les plus vigoureux comme les bras les plus charmants, est vaincue à son tour par le « spirobole » ; c’est un lance-serpentins qui fera son apparition dimanche sur les boulevards. »

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Le spirobole précédemment mentionné n’a donc aucun rapport avec le jeu que nous connaissons. Il faudra attendre le début du vingtième siècle pour lire le terme employé dans le sens que nous recherchons.

Un article des Annales politiques et littéraires du 23 décembre 1906 mentionne le terme, mais nous ne savons pas s’il s’agit du lance-serpentin ou du jeu de raquette. L’auteur, Gaston Cronier, ne fait qu’évoquer le préfixe spiraspire, en imaginant un mouvement elliptique, ce qui concorde avec les deux jeux.

3-_spirobole_troisieme_colonne_en_haut_23_decembre_1906

L’Écho d’Alger du 15 décembre 1913 nous rapporte presque avec certitude que le spirobole était déjà implanté à ce moment.

l_echo_d_alger_15_decembre_1913

Le Larousse médical illustré de guerre, par le Dr Galtier-Boissière , publié en 1917, mentionne ce qui suit concernant l’héliothérapie (cure solaire) : « Adjuvant de l’héliothérapie. — Ajoutons que M. Grangée n’a pas négligé comme adjuvant de l’héliothérapie le massage, la mobilisation des articulations, et, pour la rééducation des rétractions musculaires et des atrophies, le jeu du spirobole, simple perche à l’extrémité supérieure de laquelle est fixée une cordelette maintenant une balle de tennis. Deux partenaires se faisant vis-à-vis enroulent et déroulent la corde autour du pivot central en se renvoyant la balle à coup de raquettes. »

2-_spirobole_premiere_colonne_en_bas_1917

Nous citerons l’article publié par Le Journal le lundi 11 juillet 1938, faisant éloge du spirobole (c’est d’ailleurs son intitulé). À lire attentivement, cela vous évoquera peut-être des choses :

« Il est des jeux qui n’ont pas de chance ; je veux dire que, tout en réservant de vifs plaisirs à leurs pratiquants, ils sont voués à ne pas connaître, ou du moins, à ne pas faire connaître à leurs virtuoses — qui, justement, ne peuvent prétendre au titre de champion — l’agrément des compétitions et des triomphes mondiaux.
Le spirobole est de ceux-là. Vous avez tous aperçu, dans quelque jardin d’hôtel, le poteau où pend, retenue par une modeste corde, la balle de cuir enserrée dans ses mailles de cordelettes. Vous vous y êtes évertué sans doute, non sans un vif amusement ; vous avez ressenti, le lendemain — si la séance s’est prolongée — dans les bras et dans les épaules la trace de l’effort athlétique, d’abord insoupçonné de vous, auquel vous vous étiez livré.
[…]
Je connais peu de jeux où l’instantanéité de la décision, ou, même, la force morale — ça a l’air d’une blague, mais non ! — soient à tel point nécessaires. Considérez les débutants. Ils font un moment jeu égal avec le joueur expérimenté. Et puis, tout à coup, qu’une seule fois, la balle échappe à leur coup, passe à côté de leur raquette, c’est assez ; l’autre n’a plus qu’à poursuivre son attaque. Le néophyte est déconcerté, sidéré ; il n’oppose plus qu’un simulacre de résistance, et quelle résistance maladroite ! On le verra parfois, bouche ouverte, littéralement frappé de stupeur, regarder l’engin diabolique errer autour du poteau et venir enfin s’y coller, en consécration de sa défaite.
Que j’aime, en cet instant fatal, assister à une réaction désespérée de l’homme en danger ! Toute sa volonté tendue, tous ses muscles en éveil, et, surtout, sa « concentration mentale » s’accomplissant comme quand Cochet — c’est exactement cela ! — sauvait la Coupe Davis. […] « 
Marcel Berger

4-_page_4_eloge_du_spirobole_1938

Probable prédécesseur du speed-ball en France, le spirobole était pressenti comme un jeu et non comme un sport institutionnalisé, codifié et donnant lieu à des compétitions. C’est plus ou moins le cas aujourd’hui concernant le speed-ball. Aux États-Unis, le totem tennis ou swingball est un jeu à peu près identique.

Enfin, Marianne du jeudi 25 juillet 1940 nous apporte une information supplémentaire : « Ce jeu, appelé autrefois « rouet », est très mouvementé et permet les coups les plus drôles. »

5-_deuxieme_colonne_en_haut_1940

Peut-être le rouet est-il le lointain parent du speed-ball… Mais nous verrons cela une prochaine fois.

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